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Jacques Esterel : Un couturier qui s'amusait de la vie.

Jacques Esterel est le fils de Gustave Martin et Louise Blanc. De son Rhône-Alpes natal il détient ce besoin d'inventer tout ce qui peut contribuer à parfaire un tant soit peu le dur quotidien de l'époque. Viscéralement atteint de cette exigence de créer, il intègre l'Ecole Nationale Supérieure des Arts et Métiers à Paris. Amoureux inconditionnel de la capitale, le bouillonnant « Gadz'Arts », ingénieur conseil (ESSOR, à Paris) installe ses bureaux d'importateur et constructeur de machines outils aux Champs Élysées. Parallèlement, auteur compositeur de 70 chansons, il se produit en soirée au Tabou, à L’Échelle de Jacob, au Lapin Agile, à Bobino, voir l'Ancienne Belgique à Bruxelles. Il enregistre plusieurs disques et obtient l'Oscar de la Chanson Française en 1956. Monté à Paris avec la ferme intention de « faire quelque chose sans jamais s'ennuyer », il écrit des pièces de théâtre, dont "Le mauvais œil" qui fût grand prix de Paris Télévision et une opérette montée au théâtre de la rue Mouffetard, Flon-Flon. Francis Blanche lui donne la réplique. 1953. Conscient que par réaction à l'hégémonie du conformisme d'après guerre, une génération spontanée de femmes émerge, toute classe confondue, il ouvre boutique rue Pierre Charon, avec le légitime désir de contribuer à donner à la Couture un style personnel. C'est ainsi qu'en parfaite symbiose entre, un nouvel art de vivre et l'empathie immédiate que les clientes ne manqueront pas de ressentir, il innove avec la "Couture Boutique" puis la "Boutique spectacle", nouvelles formules dans la présentation et la vente de ses collections. Juin 1959, une petite robe toute simple en vichy rose va faire le tour du monde. Brigitte Bardot devient une Star et son complice Jacques ESTEREL impose sa griffe. Il rompt l’académisme et promet la Haute Couture à un nouvel avenir,la rendant accessible à un plus grand nombre. C’est une floraison de robettes qui fait la joie de toutes les jeunes filles et jeunes femmes de l’époque. Avant Mary QUANT, il a créé la mini-robe. Le talent de Jacques ESTEREL est reconnu et son originalité le classe dans les «Couturiers créatifs originaux» qui ont su bousculer les règles du métier. Il entre, tout naturellement, dans le sérail des grandes maisons de la Haute Couture Française aux côtés de CHRISTIAN DIOR, YVES SAINT-LAURENT, CHANEL, BALENCIAGA, LANVIN..... 1960 Jacques ESTEREL est le premier à lancer l’alliance «Haute-Couture - Grands magasins». Avec les galeries LAFAYETTE, il décide de mettre la création à la portée du grand public. C’est la stupeur ! Cette décision très osée et très avant-gardiste lui attire des critiques de toutes parts, ce qui ne l’empêche pas de passer outre et d’installer un premier «CORNER». Bientôt, les autres Couturiers du Faubourg Saint Honoré, constatant le succèsde son initiative, suivront la même voie. Les années 60 sont la décennie de toutes les folies et Jacques ESTEREL les fait siennes, laissant libre cours à ses envies les plus audacieuses. Créateur talentueux, chansonnier savoureux, Jacques ESTEREL demeure en marge des couturiers de la Haute Couture, mais un personnage de la mode qui force l’admiration. Jean Paul GAULTHIER, alors jeune styliste, ne s’y trompe pas et entre aux côtés de Jacques ESTEREL en tant qu’assistant pour deux saisons. La collection unisexe clot cette période, lui mettant son point d’orgue et venant comme le dernier clin d’oeil d’un couturier qui s’amusait de la vie.